14 février 2016 – Prunier – Louviers – livres anciens et modernes


Livres anciens et modernes

voyages, reliures aux armes, reliures du XVIe s., éditions originales

Livres anciens et modernes

Un livre pour ma bibliothèque

 

logo Drouot Live

inscrivez-vous pour suivre la vente en direct sur Drouot-live

 

Voir tous les lots sur Interenchères
logo interencheres

 

 

Dimanche 14 février 11 h 00

LIVRES ANCIENS ET MODERNES

 

 

Si toutes les collections sont uniques et intimement liées à la personnalité du collectionneur, les bibliothèques de bibliophiles présentent peut-être cette particularité supplémentaire de donner  à voir, non seulement le goût de l’amateur, mais également ses préoccupations, et les domaines de l’esprit qui l’intéressent.

La collection de livres anciens (et modernes) n’est pas uniquement motivée par le goût esthétique pour l’objet lui-même ; elle est aussi une quête de savoir, un désir de comprendre le monde et de connaître ce qui nous est cher.

De ce fait, le sujet de la collection et le choix des pièces qui y figurent, donnent à voir – même s’ils ne disent pas tout, loin s’en faut – une part importante de la personnalité du collectionneur.

Les deux ensembles que nous dispersons le 11 octobre 2015 ont été constitués à des époques différentes : pendant que la bibliothèque de l’un, constituée au milieu du XIXe s., dormait dans des caisses depuis les années 1950, l’autre se constituait patiemment. et Elles s’offrent aujourd’hui simultanément au public), montrent chacun des aspects de la bibliophilie différents.

La bibliothèque Prey s’attache à la redécouverte de textes antiques, d’histoire et de littérature, aux fondements de notre civilisation tandis que la bibliothèque Chodron de Courcel semble davantage s’intéresser à une histoire contemporaine qui voit la fin d’un monde, précipité brutalement par la Révolution.

L’une rassemble des ouvrages revêtus de reliures aux armes des puissants (Louis XV, la Pompadour…), tandis que les œuvres de la seconde se parent de reliures massives estampées à froid, sur ais, comme on les faisait – à peu de choses près – aux origines de cet art, quand les livres étaient encore fabriqués dans les monastères.

Dans l’une, on est ému par la présence d’impressions qui s’attachent à magnifier la découverte encore récente de la typographie : on est émerveillé par le soin apporté à la proportion des caractères latins, romains ou italiques, à la finesse dansante des caractères grecs, au souci d’une composition harmonieuse… Nous voyons ainsi à l’œuvre les grands imprimeurs-éditeurs européens, comme les Plantin, les Elzevier, Josse Bade, Michel de Vascosan, Sébastien Mabre-Cramoisy, etc.
Dans l’autre, on perçoit le souci de comprendre l’histoire récente et contemporaine, en convoquant les différentes opinions, en s’appuyant sur des documents rares, mais aussi parfois sur des sources humoristiques.

Au delà de ces approches différentes, ces deux bibliothèques se rejoignent, le temps d’une brève histoire de l’illustration : de la gravure sur bois de bout des imprimés du XVIe siècle, à la gravure sur bois de fil magistralement mise en œuvre dans les figures de Gustave Doré notamment, en passant par la lithographie (qui trouve une charmante application dans cet Alphabet militaire du duc de Bordeaux) et la taille-douce, qui sera la technique privilégiée des relations de voyage et de la cartographie de précision… Ces ouvrages dessinent en filigrane une instructive histoire de l’illustration.

 



Les commentaires sont fermés.